Assurance vie : réaliser un arbitrage, pourquoi et comment?

Dans cet article je vais tenter de répondre, par l’exemple, à plusieurs questions qui m’ont été posées au sujet de l’arbitrage dans un contrat d’assurance-vie.

Si je suis certain que vous avez déjà entendu le mot arbitrage, car il revient en effet très souvent dans des articles ou même dans l’interface utilisateur de votre assurance-vie, il est nécessaire de bien savoir ce qu’il signifie. Il vous sera ensuite possible d’être critique face à ce que peuvent vous proposer les banques ou autres assureurs tout au long de la vie de votre contrat.

1.Qu’est ce qu’un arbitrage?

Faisons un peu d’étymologie afin de comprendre ce qu’un arbitre, que l’on voit davantage sur des terrains de sport que dans le monde de la finance, vient faire dans le domaine de l’assurance-vie.

Le mot « arbitrage » provient du latin « arbitrium » qui signifie « jugement » ou « décision ».

En sport l’arbitre est la personne qui s’assure du bon déroulement des épreuves en en faisant respecter les règles.

En économie, ce qui nous intéresse aujourd’hui, l’arbitrage est le fruit de la réflexion qui va mener à une décision. Cette décision doit vous permettre d’obtenir le meilleur compromis parmi des objectifs souvent contradictoires.

Pour simplifier mon propos, l’arbitrage consistera donc à positionner le curseur de sa décision entre le « je souhaite prendre des risques pour potentiellement gagner beaucoup » et son extrême inverse « je souhaite sécuriser mon capital sachant que je n’aurais qu’un faible rendement ».

2. Pourquoi réliser un arbitrage dans une assurance vie?

Je vous renvoie à mon article sur la composition de mes contrats d’assurance-vie pour les détails mais il faut savoir qu’une assurance-vie multi-supports se compose généralement :

d’un fonds dit « fonds euros » proposé par l’assureur (capital quasiment garanti, rendement relativement modéré)
de fonds souvent gérés par des grands de la finance, appelés généralement « unités de compte » permettant d’investir sur un ou plusieurs secteurs, qu’ils soient géographiques ou d’activités (capital non garanti, rendement potentiellement plus élevé)

En fonction de votre sensibilité au risque, vous aurez un profil « prudent » (par exemple 80% de fonds euros et 20% d’unités de compte) ou un profil « dynamique » (répartition inverse), en passant par toutes les combinaisons possibles. Pour plus de détails sur les fonds euros, je vous invite par ailleurs à vous référer à l’excellent article de Marc du site Mieux gérer son argent, article publié sur le non moins excellent blog culturefinanciere.com

3.Alors, quelle strategié adopter?

La première stratégie, que je déconseille fortement, est de souscrire à votre contrat d’assurance-vie l’année n et de récupérer votre capital, ou une partie de celui-ci à l’année n+8 (rappel : la fiscalité d’une assurance-vie est favorable à partir de 8 années d’ancienneté) sans s’être posé aucune question durant ces 8 années.

La seconde stratégie est d’effectuer des arbitrages pour sécuriser vos plus-values.

La troisième, pour les plus aguerris, sera d’effectuer des arbitrages entre les fonds proposés pour améliorer son rendement.

Je détaillerai ces deux dernières stratégies dans les points suivants.

4.Un arbitrage pour sécurier ses plus values.

Cette stratégie consiste à observer quelles sont vos plus-values et à les transférer, le cas échéant, sur le support sans risque. Selon votre assureur, l’interface sera bien sûr différente, mais l’idée est de partir de la situation à l’instant t, de « prendre » le montant de la plus-value des unités de compte pour les injecter sur le fond euros.

5. UN arbitrage pour davantage de performances

Généralement votre gestionnaire d’assurance-vie vous proposera des options de gestion pilotée basée sur des profils. Le profil « prudent », « modéré », ou autre « audacieux » pourra être choisi par vous-même ou avoir été déterminé par un questionnaire auquel vous aurez répondu. Il sera par la suite possible de changer de profil.

De ce profil dépendront les fonds automatiquement inclus dans votre enveloppe d’assurance-vie. Ces fonds pourront y entrer et en sortir au gré des humeurs des gestionnaires et, bien sûr, de la situation économique sans que vous n’ayez à intervenir. C’est évidemment la solution la plus confortable qui n’est toutefois offerte, selon les banques, qu’à partir d’un certain montant investi.

Le passage d’un profil à l’autre est un arbitrage puisque, par définition, vous vous désinvestirez de certains fonds pour en choisir de nouveaux, correspondant à votre nouveau profil.

Toutefois, et c’est là que l’expérience devra parler, il vous est malgré tout possible d’ajuster ce portefeuille modèle. Vous serez donc en mesure de supprimer un fonds qui, pour vous, n’est pas suffisamment intéressant (par exemple dans la capture d’écran ci-dessus « East Capital (Lux) Russian A (LU0272828905) » a subi de fortes secousses durant l’hiver et vient seulement de revenir à son niveau de juillet 2013). Vous réaliserez donc dans ce cas un arbitrage selon les mêmes étapes qu’énoncées au point 4.

Veillez toutefois à rester cohérent. Si vous avez un profil « prudent », n’allez pas investir sur des fonds qui sont très volatils …

6. EN conclusion

Comme vous en avez l’habitude désormais, vous saurez que mon principal conseil dans le cadre de la gestion de votre assurance-vie sera d’être attentif et proactif. Ensuite seulement il vous sera possible d’effectuer des arbitrages en toute connaissance de cause. Si désormais l’arbitrage est une opération gratuite chez la plupart des banques en ligne, il peut être très hasardeux en termes de rendement si vous les choisissez au petit bonheur la chance !

Si je conseille l’utilisation de profils qui généralement sont construits par des personnes qui sont normalement plus compétentes que vous ou moi sur la question, surveillez malgré tout l’évolution de votre portefeuille plusieurs fois par an.

Bons arbitrages à tous !

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